Deux heures avec quatre interlocuteurs Veolia, pour comprendre pourquoi un intranet vieux de dix ans ne sert plus son objectif — et ce qu'il faudrait pour qu'il le serve à nouveau. Ce que le compte rendu officiel lisse, ce document le garde.
Comprendre pourquoi MyVeolia existe a compté autant que comprendre ce qu'il doit devenir — chaque contrainte du brief a une origine précise dans ce récit.
Projet One Veolia. Groupe très décentralisé — 50 à 60 pays, historiquement un intranet par pays et par entité, sans lien entre eux. Unifier le Groupe passe d'abord par la communication.
Déploiement LumApps. Veolia est l'un des tout premiers grands clients — partenariat signé quand LumApps était encore une startup en création de produit.
Dernier socle graphique. L'intranet a évolué visuellement mais n'a jamais touché les équipes de terrain — seulement les desktop workers, ceux qui ont une adresse mail et un bureau.
L'origine directe de MyVeolia. Impossibilité de joindre les collaborateurs du terrain — recherche de numéros auprès des RH, affiches improvisées par les managers. Slogan retenu depuis : simplifier la vie des collaborateurs.
Pays pilote. Définition des besoins, première version de l'app, déclinaison desktop en mode dashboard (outils, raccourcis, actualités, communautés, navigation Groupe sur un seul écran).
MyVeolia Essentials. Application de base regroupant l'essentiel, bientôt disponible à tous, augmentable ensuite — logique d'« occupation du terrain ».
Pourquoi ça compte pour le design : l'enjeu identitaire est réel et documenté — après de nombreuses acquisitions (dont Suez), « il n'y a presque rien d'identique d'une BU à l'autre » (Charles). Une interface qui donne une expérience commune n'est pas un détail esthétique, c'est la promesse centrale du projet depuis 2013.
Exercice en trois colonnes de post-its, mené avec les quatre participants sur la page d'accueil actuelle.
| Colonne | Ce qui revient | Détail des post-its |
|---|---|---|
| Mon œil attrape d'abord | Le bandeau d'alerte et la FAQ (4/4) | Images des actualités, bandeau coloré et contrastes forts, logo MyVeolia |
| Je voudrais voir en premier | Les services et outils (4/4) | Actualités, alertes, « Bonjour + prénom », recherche IA, découvrir les contenus |
| Je me passerais de | La FAQ en évidence | Liste des sites favoris, derniers posts, trop de boutons dans le header, logique « top down » des raccourcis |
Ce qu'on en retient : le problème n'est pas le principe du dashboard, c'est l'absence de hiérarchie. Ce qui attire l'œil (alerte, FAQ) n'est pas ce que les participants veulent voir en premier (services et outils) — un décalage mesuré, pas supposé.
Le texte exact de l'atelier, pas une reformulation — ce sont ces phrases qui ont fini par trancher la direction artistique du projet.
« La roue de secours, tu ne la mets pas sur le siège passager. »Stratégie digitale, à propos de la FAQ mise en avant sur la page actuelle
« Ce qui doit être mis en avant ne l'est pas. Au-delà de sexy, c'est comment je m'y retrouve. »Marketing/communication — le principe fondateur retenu pour toute la refonte
« Il y a trop de sorties possibles. Quelque chose de sexy et d'efficace hiérarchise plus fortement et oriente le regard et l'usage. »Sciences comportementales
« Notre dashboard fait dashboard des années 90. Tu ajoutes deux ou trois effets sur une pastille, tu changes d'époque. »Stratégie digitale
« Je compte sur vous pour nous proposer quelque chose qui change complètement de ce qu'on a produit. »Direction de la communication
« Sexy, c'est comme l'iPhone : l'outil que j'ai envie d'utiliser. »Marketing/communication
Un atelier de cadrage honnête documente aussi ses trous — ceux-ci ont directement façonné la suite du projet (notamment pourquoi le staffing n'a jamais été tranché avec certitude).
4 choix de style obtenus sur 4 à 8 visés, 6 rubriques de page d'accueil convergentes sur l'objectif de 5 à 7 — un acquis partiel mais exploitable, qui explique pourquoi certains arbitrages (navigation Groupe, poids des actualités) sont restés ouverts jusqu'à la présentation finale.